Votre site a une adresse, votre-salon.fr. Il est stocké quelque part, sur un serveur. Et vos clients vous écrivent peut-être à contact@votre-salon.fr. Trois services différents, souvent vendus ensemble, parfois par trois entreprises distinctes.
Tant que tout marche, personne n’y pense. On s’en préoccupe le jour où un prestataire disparaît, où une carte bancaire expire, ou quand on veut refaire son site ailleurs. Voici comment ça fonctionne, et les quelques réflexes qui vous protègent.
Domaine, hébergement, e-mail : trois choses différentes
Prenez une boutique. Le nom de domaine, c’est l’adresse et l’enseigne : ce que les gens tapent pour vous trouver. L’hébergement, c’est le local où se trouve la marchandise, ici les pages, les images et le code de votre site. L’adresse e-mail professionnelle, c’est la boîte aux lettres qui porte le même nom que l’enseigne.
| Ce que c’est | Où ça se loue | Si ça s’arrête | |
|---|---|---|---|
| Nom de domaine | Votre adresse sur internet | Chez un bureau d’enregistrement (registrar) | Le site et les e-mails à ce nom ne répondent plus |
| Hébergement | Le serveur qui stocke et affiche le site | Chez un hébergeur ou une plateforme | Le site tombe, le domaine reste à vous |
| E-mail pro | Les boîtes @votre-domaine | Chez un fournisseur de messagerie, parfois l’hébergeur | Les messages ne passent plus, le site continue |
Ce qui relie les trois, c’est le DNS, une sorte d’annuaire. Quand vous enregistrez un domaine, vous indiquez des serveurs de noms qui disent : « le site est sur tel serveur, les e-mails arrivent chez tel fournisseur ». Changer d’hébergeur revient souvent à modifier une ligne de cet annuaire, sans toucher au domaine lui-même.
Choisir son nom
Un nom qui se dicte
Vous allez le dire au téléphone, l’imprimer sur un camion, le lire à voix haute. Choisissez un nom court, sans orthographe piège, proche de votre enseigne. Si votre activité est très locale, le nom de la ville peut aider le client à se souvenir de vous, à condition de ne pas allonger le domaine à l’excès.
Quelques règles techniques, fixées par la charte de nommage de l’Afnic pour le .fr : lettres, chiffres et tiret uniquement, pas de tiret au début ni à la fin, 63 caractères au maximum. Les accents sont admis en .fr, mais un client qui tape sans accent arrivera ailleurs : si vous en prenez un, réservez aussi la version sans accent.
.fr ou .com ?
Le .fr est géré par l’Afnic, l’association chargée de l’extension française. Pour en enregistrer un, il faut, selon sa charte de nommage, être une personne physique qui réside, ou une entreprise qui a son siège ou son établissement principal, dans un pays de l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Le titulaire doit aussi fournir des coordonnées exactes et rester joignable pendant toute la vie du domaine. Faute de quoi, l’Afnic peut le bloquer puis le supprimer.
Le .com dépend d’un autre registre et ne suit pas la charte de l’Afnic. Pour un artisan, un commerce ou un indépendant qui travaille en France, le .fr dit d’emblée où vous êtes. Si les deux sont libres, prendre les deux et rediriger l’un vers l’autre vous protège d’un homonyme opportuniste.
Dans les deux cas, la règle est la même : premier arrivé, premier servi. Évitez un nom qui reproduit la marque ou l’enseigne d’un autre. L’Afnic prévoit des recours pour celui qui a des droits antérieurs sur un nom, et c’est vous qui seriez en position de perdre.
L’enregistrer à votre nom
Vous n’achetez pas un domaine à l’Afnic directement. Le code des postes et des communications électroniques (article L45-4) confie l’attribution des .fr à l’Afnic, par l’intermédiaire de bureaux d’enregistrement accrédités, et l’Afnic en compte environ 400. Chaque bureau fixe librement ses tarifs.
Le point qui compte le plus, c’est le titulaire : la personne ou l’entreprise à qui le domaine appartient. Ce doit être vous, ou votre société. Quand un prestataire enregistre le domaine à son propre nom « pour simplifier », c’est lui qui en devient titulaire, et vous devez passer par lui pour tout.
L’Afnic distingue trois rôles :
- le titulaire, qui détient les droits sur le domaine ;
- le contact administratif, qui doit être joignable, et qui peut être vous, un tiers ou votre bureau d’enregistrement ;
- le contact technique, souvent le bureau d’enregistrement lui-même.
Votre prestataire peut tout à fait être contact technique, voire administratif. L’Afnic précise qu’un contact administratif tiers n’a aucun droit sur le domaine. Vous gardez la main tant que vous êtes titulaire.
Le renouvellement, et ce qui arrive si on l’oublie
Un domaine se loue pour une durée limitée. Pour un .fr, vous choisissez entre un et dix ans, et vous pouvez prolonger à tout moment. L’Afnic conseille de vérifier avant l’échéance, même avec un renouvellement automatique, si une action ou un paiement est attendu de votre part. Vérifiez aussi que le moyen de paiement enregistré est toujours valable.
Si l’échéance passe, l’Afnic prévoit pour le .fr une « période de rédemption » de 30 jours. Pendant ce délai, la suppression est encore réversible et vous seul pouvez récupérer le domaine. Ensuite, il retombe dans le domaine public et n’importe qui peut l’enregistrer. Le guide du titulaire de l’Afnic prévient que récupérer un nom pris par un tiers peut tourner à la longue négociation, voire au litige.
Deux réflexes simples :
- donnez à votre bureau d’enregistrement une adresse e-mail que vous lisez, et qui ne dépend pas du domaine lui-même : si le domaine expire, les rappels envoyés à
contact@votre-domaine.frne vous parviendront plus ; - notez la date d’échéance dans votre agenda, comme celle de votre assurance.
Transférer un domaine
Vous pouvez changer de bureau d’enregistrement quand vous le souhaitez. Pour un .fr, la démarche passe par un code appelé « auth-info » :
- vous demandez ce code à votre bureau d’enregistrement actuel, qui doit vous le fournir gratuitement ;
- vous le transmettez au nouveau bureau ;
- le nouveau bureau demande le transfert à l’Afnic.
L’obtention du code est gratuite, le transfert lui-même est en général payant, selon les tarifs du bureau d’enregistrement. Aucun transfert n’est possible pendant la période de rédemption : ne laissez donc pas le domaine expirer en pensant le déplacer ensuite. Pour un .com, les règles relèvent d’un autre registre : demandez la marche à suivre à votre bureau d’enregistrement.
Changer de titulaire est une autre opération (l’Afnic parle de transmission). C’est celle qu’il faut faire si un ancien prestataire a enregistré le domaine à son nom : il doit confirmer qu’il cède le domaine, et vous confirmer que vous le reprenez.
Les types d’hébergement pour un site vitrine
| Type | Comment ça marche | Ce qui reste à votre charge |
|---|---|---|
| Constructeur de site (Wix, Squarespace…) | L’outil et l’hébergement sont un seul abonnement | Peu de technique, mais le site reste en général lié à la plateforme |
| Hébergement mutualisé | Un serveur partagé entre de nombreux sites, souvent pour WordPress | Mises à jour, sauvegardes et sécurité du site |
| Site statique sur une plateforme spécialisée | Des pages préparées à l’avance, servies depuis un réseau de serveurs | Presque rien côté serveur |
| Serveur privé (VPS) ou dédié | Une machine ou une partie de machine pour vous seul | Toute l’administration du serveur |
Pour une vitrine d’artisan ou de commerce, un serveur privé n’a guère d’intérêt : il demande des compétences d’administration pour un trafic qui n’en a pas besoin. Le choix se joue plutôt entre les trois premières lignes.
Regardez aussi où se trouvent les serveurs. Si l’hébergeur est hors de l’Union européenne et que votre site recueille des données (un formulaire de contact, par exemple), votre politique de confidentialité doit le signaler.
Côté budget, les écarts entre ces formules sont larges. Notre guide sur le prix d’un site internet liste les frais récurrents à prévoir, hébergement compris.
L’adresse e-mail professionnelle
Une adresse prenom@votre-domaine.fr inspire plus confiance qu’une adresse gratuite, et elle vous suit si vous changez de fournisseur d’accès à internet. Elle demande un service de messagerie : parfois inclus avec l’hébergement, souvent pris à part chez un fournisseur spécialisé. Le DNS de votre domaine indique où livrer les messages.
Le risque, lors d’un changement de site : on modifie le DNS pour pointer vers le nouvel hébergeur, on efface au passage les lignes qui concernaient la messagerie, et plus aucun e-mail n’arrive. Avant toute modification, faites relever la configuration existante.
Ce qui se passe quand vous changez de prestataire
L’Afnic le rappelle : changer de prestataire internet n’oblige pas à changer de bureau d’enregistrement. Il suffit de mettre à jour les serveurs vers lesquels pointe le domaine. Dans l’ordre :
- vérifiez que vous êtes bien titulaire du domaine, dans votre espace client ou auprès du bureau d’enregistrement ;
- récupérez vos accès : bureau d’enregistrement, hébergement, messagerie ;
- récupérez vos contenus (textes, photos) et, si votre contrat le prévoit, les fichiers du site ;
- faites mettre en ligne le nouveau site avant de toucher au DNS ;
- modifiez le DNS en conservant les réglages de messagerie ;
- ne résiliez l’ancien hébergement qu’une fois le nouveau site vérifié.
Chez Madaria, le domaine est enregistré à votre nom dès le départ. Si vous arrêtez l’abonnement après les 12 mois d’engagement, le domaine vous reste ; les détails sont sur la page des offres.
- Le domaine est enregistré à votre nom, ou à celui de votre société.
- Vous avez vos propres accès au bureau d’enregistrement.
- L’adresse de contact du domaine est une adresse que vous lisez, hors du domaine lui-même.
- Vous connaissez la date d’échéance, et le moyen de paiement est à jour.
- Vous savez qui héberge le site et qui gère vos e-mails.
- Vous savez comment obtenir le code de transfert.
En pratique
Enregistrez le domaine à votre nom, notez son échéance, et gardez vos accès. Le reste (l’hébergement, la messagerie) peut changer sans que vos clients s’en aperçoivent. Pour un site vitrine de barbier comme pour un garage, c’est la même mécanique.
Vous voulez un site sans avoir à gérer tout ça vous-même ? Décrivez-nous votre activité en deux lignes : vous recevez un devis détaillé sous 24 heures, qui précise ce qui est à votre nom et ce qui est inclus.

Fondateur de Madaria, je conçois et je code des sites pour des indépendants et des TPE, de Lyon à Capbreton. En savoir plus